Il y a une élégance particulière à ouvrir une Fashion Week. Celle de poser le ton avant tout le monde. Junya Watanabe s'en est chargé pour SS27, avec une collection qui rappelle pourquoi il reste, depuis trente ans, l'un des plus fins manipulateurs de vêtements de la planète.
Le survêtement comme matière de recherche
Le point de départ est désarmant de simplicité : le survêtement. Pièce reléguée d'ordinaire au registre du confort, Watanabe la prend au sérieux et la dissèque. Coupé, recomposé, hybridé, le sweat-suit devient le fil conducteur d'une collection qui transforme le vêtement le plus banal en objet d'étude.
C'est toute la méthode Watanabe : partir d'un archétype populaire, le passer au tamis d'un savoir-faire de couturier, et le restituer transfiguré sans jamais le trahir. Le streetwear n'est pas pour lui une posture, c'est un terrain d'expérimentation aussi légitime que le tailleur.
Une grammaire de collaborations
Junya Watanabe a depuis longtemps fait de la collaboration une discipline à part entière. Pour SS27, il convoque Kappa, Needles et New Balance, parmi d'autres. Chacune de ces marques apporte son vocabulaire, ses bandes, ses imprimés, sa technicité, mais c'est Watanabe qui orchestre, qui plie ces logos à sa propre logique de construction.
Là où d'autres apposent un logo, Watanabe absorbe. La collaboration n'est jamais chez lui une signature ajoutée, c'est un dialogue de constructeurs.
L'école japonaise, toujours là
La présence japonaise reste l'une des colonnes vertébrales de la saison parisienne : Comme des Garçons Homme Plus, Sacai, Auralee, Kolor, Maison Mihara Yasuhiro, Doublet… Au milieu de cette constellation, Junya Watanabe, héritier direct de Rei Kawakubo, occupe une place à part : celle d'un artisan qui n'a jamais cédé à la facilité du marketing, et dont chaque collection ressemble à une démonstration plutôt qu'à une saison.
La collection sera disponible chez les détaillants Comme des Garçons et les boutiques sélectionnées.
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